Le vertige et ses causes
Journal de Montréal
Par Richard Giguère, Docteur en chiropratique
5 septembre 2008
Nous avons tous un jour ou l'autre relevé rapidement la tête et
éprouvé une sensation de perte d'équilibre ou de tête qui tourne. En
fait, tout le monde a ressenti un étourdissement au moins une fois
dans sa vie.
Le vertige est un trouble du système de l'équilibre.
L'étourdissement en constitue le symptôme principal (une sensation
d'instabilité ou de déséquilibre, une impression de tourner). Les
vertiges varient grandement d'une personne à l'autre et peuvent
avoir de nombreuses causes. Leur intensité peut aller de la simple
instabilité au grand vertige rotatoire.
Les causes les moins communes sont associées aux infections de
l'oreille interne, à des réactions à certains médicaments, à des
tumeurs, à une intoxication alimentaire ou à une chute de pression
survenue à la suite d'un choc.
Les causes les plus fréquentes en clinique chiropratique sont
associées à des dysfonctions neuro-musculo-squelettiques. De façon
générale, il faut savoir que l'équilibre du corps est contrôlé par
le cervelet. Celui-ci doit recevoir, de façon constante et au
millième de seconde près, des informations des mécanorécepteurs
(récepteurs de mouvement) en provenance des tissus de la colonne
vertébrale. Le cervelet est littéralement dépendant de ces
informations afin de bien réagir et de contrôler l'ensemble du
corps. En regard des diverses demandes internes et externes, il
permet au corps de se maintenir en équilibre (homéostasie).
Pour être en équilibre, le cerveau a besoin de trois types de
renseignements: la position du corps dans l'espace (fournie par
exemple par les muscles), la position de la tête (fournie par la
vue) et les informations concernant les mouvements de la tête
(fournies par les organes de l'oreille interne). Si l'une de ces
informations n'est pas correctement transmise, il apparaît alors une
sensation de déplacement dans l'espace qui est erronée: c'est le
vertige.
Pour appuyer cet état de fait, une recherche clinique expérimentale
a injecté de la lidocaïne (anesthésique local) d'un seul côté de la
colonne vertébrale, et ce, au niveau des premières vertèbres
cervicales (C2-C3). L'objectif était de vérifier si cet
anesthésique, médicament qui inhibe les informations en provenance
des mécanorécepteurs, pouvait créer une réaction quelconque.
Immédiatement après l'injection, les sujets ont ressenti des
étourdissements, subi une perte d'équilibre et exprimé la sensation
de tomber dans le vide.
De même, la recherche en neuroscience a démontré que les impacts
(légers ou importants) subis par la colonne vertébrale amènent des
pertes de mobilité au niveau de certaines vertèbres. La perte de
mouvement a pour effet de réduire l'activité des mécanorécepteurs.
Le cervelet, en retour, est stimulé de façon incomplète et peut mal
percevoir certains besoins physiologiques. Par conséquent, les
commandes du cervelet vers le corps deviennent disproportionnées par
rapport aux besoins réels. Cette stimulation déséquilibrée peut
provoquer des symptômes de perte d'homéostasie tels que des
étourdissements.
Dans les cas de vertiges, la correction et la normalisation des
dysfonctionnements de la neuro-biomécanique vertébrale (ajustement,
manipulation vertébrale) peut être envisagée. Cette approche
augmente les chances de rétablir les interconnexions neurales entre
les mécanorécepteurs de la colonne vertébrale et le cervelet. Les
ajustements permettent ainsi de regagner un équilibre normal le plus
rapidement possible.
D'ici là, quand vous êtes vraiment étourdi, pratiquez le jeu de la
tortue: prenez votre temps. De cette manière, vous évitez les
mouvements brusques de la tête, surtout quand vous vous levez ou
vous étendez. Comme le dit bien la fable de La Fontaine, «rien ne
sert de courir, il faut partir à point»!
Les vertiges physiologiques «normaux»
- Vertige en hauteur.
- Sensation de mouvement dans un train à l'arrêt à côté d'un
autre qui démarre.
- Vertige dans l'autobus quand, en regardant à l'extérieur, on
perçoit un déplacement horizontal alors que la route signale un
déplacement vertical.
- Vertige en haut d'une tour quand les yeux fixent l'horizon,
qui est parfaitement fixe, alors que le corps, en perpétuelle et
minime oscillation pour maintenir la verticalité, reçoit des
informations de mouvement.