La douleur, signal d’alarme de notre corps
Journal de Montréal
Richard Giguère - Docteur en chiropratique
4 décembre 2009
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Quand on a mal, on se réfère à un professionnel de la santé,
naturellement. Saviez-vous que la douleur est le principal motif de
consultation? Encore plus si cette douleur nous impose de changer
nos comportements ou nos habitudes de vie.
DÉFINIR LA DOULEUR
Tout le monde rencontre la douleur plusieurs fois dans sa vie. Mais
comment la définir, plus précisément? Selon l’Association
Internationale pour l’Étude de la Douleur (IASP), il s’agit d’«une
expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à des
lésions tissulaires réelles ou potentielles».
En d’autres mots, la douleur est un signal d’alarme de l’organisme
pour lui signifier que son fonctionnement et son intégrité sont
modifiés, voire diminués. Il existe deux grandes catégories de
douleurs physiques: les douleurs aiguës et les douleurs chroniques.
Lorsque survient un événement qui affecte notre moral, on parlera
plutôt de douleurs psychologiques ou sentimentales.
DOULEUR AIGUË
Elle est brève et dure souvent moins de sept jours. Elle survient
après un accident, une infection ou une fatigue. Cette douleur
diminuera en traitant la cause qui l’a fait survenir. En la
corrigeant rapidement, on évite que la douleur aiguë ne se
transforme en douleur chronique.
DOULEUR CHRONIQUE
Il s’agit d’une douleur qui évolue depuis 3 à 6 mois. Persistante,
elle est rebelle aux traitements usuels. Plusieurs causes sont
possibles:
√ Une douleur associée à une maladie chronique dont on ne peut
éliminer complètement la cause: l’arthrite, le diabète, la sclérose
en plaques, le cancer, le sida, etc.
√ Une douleur aiguë mal soulagée qui persiste au-delà du délai
normal de guérison ou qui dure plus de six mois. Par exemple, les
séquelles d’accidents de voiture ou de travail, des maux de dos non
ou insuffisamment soignés.
√ Une douleur dont la cause est mal définie: la migraine, la
fibromyalgie.
√ Une douleur fantôme à la suite d’une amputation. Dans ce cas, la
douleur provient des dommages faits aux nerfs du système nerveux.
√ Des douleurs entretenues par le système nerveux sans élément
déclencheur apparent, comme c’est le cas du syndrome de douleur
régionale complexe.
VIVRE AVEC UNE DOULEUR
Endurer des douleurs au-delà de quelques semaines entraîne souvent
une détérioration physique qui peut, à long terme, devenir
irréversible. On dira alors qu’un «nid de chronicité» s’est installé.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, les personnes qui
souffrent de douleurs chroniques sont quatre fois plus susceptibles
de souffrir de dépression ou d’anxiété. Entre 30 % et 60 % d’entre
elles connaîtront en effet un épisode dépressif au cours de leur
vie.
Des blessures telles que des entorses, des étirements ou des
traumatismes directs au dos, au cou, aux épaules, aux coudes ou aux
genoux (qu’elles soient issues d’un accident ou d’un mouvement
inapproprié), peuvent s’aggraver au fil du temps. Plusieurs semaines
de traitement non approprié peuvent s’écouler avant que les premiers
signes de fibrose ne se manifestent. Et lorsque la douleur persiste
pendant plusieurs mois, une détérioration articulaire (arthrose)
s’installe chez plusieurs personnes.
Pour les familles, les employeurs et les sociétés d’État concernées,
la douleur chronique coûte cher.
Dans bien des cas, les blessures neuro-musculo-squelettiques
imposent aux victimes un arrêt de travail plus ou moins prolongé
ainsi qu’une diminution des activités quotidiennes. En plus
d’affecter la personne blessée, cela a pour effet supplémentaire
d’affecter sa famille et son entourage immédiat.
Qu’elle soit de nature aiguë ou chronique, la douleur n’est jamais
un symptôme à négliger et il est important de consulter sans tarder.
Votre chiropraticien demeure un professionnel de premier choix pour
diagnostiquer et traiter les causes de vos douleurs. Il pourra bâtir
un programme de soins correspondant à votre condition physique, à
votre âge et à vos objectifs de santé. Votre bien-être physique et
psychologique est primordial: n’attendez plus d’avoir mal!
QUELQUES CHIFFRES
√ 36 % des adultes souffrent de douleurs chroniques.
√ En raison du vieillissement de la population, on prévoit une
augmentation de 70 % de l’incidence de douleur chronique d’ici 25
ans.
Sources: Organisation mondiale de la santé; Agence
d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé
(AETMIS); Prise en charge de la douleur chronique (non cancéreuse):
organisation des services de santé. Rapport préparé par Patricia L.
Dobkin et Lucy J. Boothroyd (AETMIS 06-04). Montréal: AETMIS, 2006,
p.vii.; Alberta Ministry of Health and Welfare, 2003; Millar WJ.
Chronic pain. Health Rep. 1996 Spring;7(4):47-53, 51-8. Rapport sur
l’Enquête nationale sur la santé de la population de 1994-1995.