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Quand l'insomnie fait son lit

Journal de Montréal
Par Ronald Denis, Docteur en médecine, chirurgien et traumatologue
22 février 2010
L'insomnie n'est pas une maladie, mais un problème qui nécessite toutefois d'être pris très au sérieux.

L'insomnie affecte près de 30% des Québécois et environ 10% d'entre nous en souffrent de façon permanente. Un problème pour lequel les somnifères ne constituent pas une solution.

Vous avez de la difficulté à dormir? Vous n'êtes pas seul. Nous connaissons tous des périodes au cours desquelles il nous est difficile de trouver le sommeil. Près du tiers des Québécois souffrent d'insomnie sur une base régulière.

Certains n'arrivent pas à s'endormir, d'autres se réveillent pendant la nuit et n'arrivent plus à retrouver le sommeil ou se réveillent très tôt. Lorsque ces épisodes ne durent que quelques nuits ou quelques semaines, on parle d'insomnie aiguë, mais lorsque la situation persiste au-delà de trois mois, on la qualifie d'insomnie chronique.

L'insomnie n'est pas une maladie, mais un problème qui nécessite toutefois d'être pris très au sérieux. Perte d'énergie, irritabilité, anxiété, somnolence, pertes de mémoire, migraines, aggravation de problèmes digestifs, douleurs musculaires sont, notamment, autant de conséquences qui peuvent résulter de l'insomnie. Celle-ci est responsable d'un nombre important de difficultés à l'école chez les 12 ans et moins.

La somnolence au volant, souvent le résultat de l'insomnie, est responsable selon certaines études de plus de 25% des accidents de la route.

Par ailleurs, le manque de sommeil durant plusieurs jours affecte directement notre système immunitaire dont l'activité est généralement réalisée au cours du sommeil.

CAUSES

L'insomnie n'est pas une maladie, mais plutôt une conséquence. Il est préférable d'en connaître les causes avant de prendre des mesures pour la contrer.

Trop de personnes s'en remettent vainement aux somnifères pour s'en libérer. En fait, près de 15% des Québécois y ont recours. Ces somnifères ne sont efficaces que durant une période d'environ deux à trois semaines. Au-delà, ils perdent de leur efficacité et finissent par créer une dépendance chez ceux qui les consomment. Ils ne sont donc indiqués que dans le cas d'épisodes d'insomnie aiguë.

Vous ne dormez plus? Profitez-en pour en identifier la cause. Les facteurs qui la favorisent sont nombreux.

L'insomnie aime bien les excitants, comme le café, le chocolat, le tabac, etc. Surtout en soirée.

L'insomnie est favorisée par le décalage horaire, des horaires de travail irréguliers, l'altitude, des troubles digestifs, certains médicaments (comme les décongestionnants), du stress et de l'anxiété, des changements hormonaux (grossesse, ménopause) et des séances prolongées devant l'ordinateur.

L'apnée du sommeil, fréquente chez les ronfleurs, suspend la respiration durant 10 à 30 secondes et provoque le réveil parfois, de très nombreuses fois au cours d'une nuit. Le syndrome des jambes sans repos qui apparaît fréquemment au moment de l'endormissement contribue également à l'insomnie.

POUR BIEN DORMIR

* Couchez-vous et levez-vous à la même heure tous les jours.

L'activité de l'horloge interne de votre corps qui régule le cycle de sommeil sera favorisée par un horaire régulier de lever et de coucher.

* Suivez une routine qui vous permet de vous détendre avant d'aller au lit.

Réalisez une activité relaxante en l'absence de lumière vive (écoute de musique douce, lecture ou bain chaud, par exemple) avant d'aller au lit.

Cette période vous permettra de réaliser une transition entre vos activités de la journée et le moment du coucher.

* Créez-vous un environnement favorisant votre sommeil.

Ni trop chaud ni trop froid, sombre, tranquille, confortable et sans bruit. Mauvaise idée que d'équiper votre chambre à coucher d'un téléviseur ou d'un ordinateur.

* Terminez de manger quelques heures avant d'aller au lit.

Un estomac trop plein ne favorise pas le sommeil. Évitez les aliments qui vous causent des brûlements d'estomac et ne vous couchez pas dans les trois heures suivant votre repas. Vous avez une petite soif ? Le lait ou les tisanes favorisent le sommeil.

* Faites régulièrement de l'exercice.

L'exercice régulier aide à vous fatiguer physiquement et prédispose pour un sommeil profond. Toutefois, l'exercice réchauffe le corps et le rend plus alerte, il est donc préférable de compléter votre entraînement au moins trois heures avant d'aller au lit.

* Évitez la caféine et la nicotine

Café, thé, boissons gazeuses et chocolat contiennent de la caféine et celle-ci est un stimulant qui accroît la vigilance. Même si la caféine ne vous empêche pas de dormir, elle peut perturber la structure de votre sommeil de telle sorte qu'il sera de mauvaise qualité. La nicotine est également un stimulant qui peut procurer les mêmes effets.

* Évitez l'alcool avant l'heure du coucher.

Comme la caféine, l'alcool dérègle la structure du sommeil et provoque des réveils ou des périodes de sommeil profond perturbées.

Rien n'y fait et vous ne savez plus comment vous y prendre pour trouver le sommeil? N'hésitez pas à consulter votre médecin. Les recherches sur le sommeil vont bon train depuis une vingtaine d'années. On comprend de mieux en mieux les mécanismes de l'insomnie et différentes approches permettent de réapprendre à dormir.

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